Reunion du Conseil de la FIFA : Ahmed Yahya défend une vision du football mondial qui donne toute sa place à l’Afrique

À Zurich, le président de la FFRIM plaide pour l’égalité entre les associations membres, davantage d’investissements dans le développement et la poursuite des réformes engagées sous Gianni Infantino.
Le football mondial se trouve à un moment charnière. Entre débats sur la gouvernance de la FIFA, interrogations autour de ses mécanismes de financement et divergences sur le leadership de Gianni Infantino, l’avenir de l’institution fait l’objet de discussions nourries.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, le jeudi 15 octobre 2026, la 37ᵉ réunion du Conseil de la FIFA, au siège de l’instance à Zurich, en Suisse. Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et membre du Conseil, y a défendu une ligne claire : poursuivre le développement du football mondial en préservant l’égalité entre les associations membres et en donnant aux fédérations les moyens de progresser.
Au-delà de son soutien affiché à Gianni Infantino, le dirigeant mauritanien met ainsi en avant une vision qui place l’accès aux ressources, la démocratisation des opportunités et le développement du football africain au cœur des priorités.
Le développement du football au-delà des controverses
La réunion de Zurich intervenait après l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), une initiative qui envisageait de faire entrer des investisseurs privés au capital d’une structure commerciale liée aux activités de la FIFA. Annoncé en juillet, le projet avait suscité des critiques portant notamment sur la consultation des associations membres, la transparence et la gouvernance. Gianni Infantino a présenté ses excuses au Conseil pour les erreurs commises dans la communication et la conduite du processus, tout en confirmant l’abandon de l’initiative.
Ahmed Yahya retient avant tout la nécessité de dépasser les divergences pour rechercher des solutions constructives. À ses yeux, les débats institutionnels ne doivent pas faire perdre de vue l’objectif essentiel : faire progresser le football partout dans le monde.
Il estime que le Conseil doit désormais regarder vers l’avenir et examiner les moyens de poursuivre les investissements dans la discipline. Une position qui privilégie les résultats et les perspectives de développement, sans pour autant effacer les questions de gouvernance soulevées par le dossier FFE.
25 millions de dollars par association : une perspective majeure
L’un des points importants abordés à Zurich concerne une nouvelle proposition de financement du football mondial. La FIFA envisage de porter à 25 millions de dollars les fonds destinés à chaque association membre pour la période 2027-2030, dans le cadre d’un programme global d’investissement de 6,35 milliards de dollars.
Cette proposition, distincte du projet FFE abandonné, doit encore suivre les étapes institutionnelles prévues avant son approbation définitive.
Pour Ahmed Yahya, cette perspective illustre l’évolution des moyens mis à la disposition des fédérations depuis l’arrivée de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA en 2016. Il rappelle que les ressources évoquées sont passées d’un million de dollars à 25 millions par association et par cycle quadriennal, soit une multiplication par 25.
Il établit également un lien entre cette évolution et l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, une réforme initialement contestée, mais qui a ouvert davantage de possibilités de participation aux nations du monde entier.
Sa lecture est celle d’un football mondial dont la croissance doit profiter à un nombre toujours plus large de pays. Pour les fédérations aux ressources limitées, les financements internationaux peuvent représenter un levier déterminant pour moderniser les infrastructures, développer les compétitions nationales, former les encadreurs et investir dans le football des jeunes.
L’Afrique au cœur de sa vision
C’est sans doute sur la question du développement africain que le plaidoyer d’Ahmed Yahya prend toute sa dimension.
« Je viens du continent africain et je sais de quoi je parle », rappelle-t-il en défendant l’action de Gianni Infantino. Le président de la FFRIM insiste sur la portée concrète des financements consacrés au football : derrière les montants annoncés, il y a des terrains à aménager, des jeunes à former et des conditions de pratique à améliorer.
Son argument est simple : permettre à un enfant de jouer sur une pelouse adaptée plutôt que sur un terrain caillouteux constitue déjà un progrès tangible. Le développement du football ne se résume donc pas aux grandes compétitions, aux droits commerciaux ou aux résultats des sélections nationales. Il commence aussi dans les quartiers, les écoles de football et les infrastructures de proximité.
Cette approche revêt une importance particulière pour les fédérations africaines, confrontées à des besoins considérables en matière d’équipements, de formation et d’encadrement. Elle défend l’idée que les ressources générées par le football mondial doivent contribuer à réduire les écarts entre les nations et à élargir durablement la base des pratiquants.
Pour la Mauritanie, dont le football a encore besoin d’investissements structurants, cette question est loin d’être théorique. Elle renvoie directement à la capacité des fédérations à construire des projets durables, à améliorer la formation et à offrir de meilleures perspectives aux jeunes talents.
L’égalité des associations, un principe fondamental
Autre pilier du discours d’Ahmed Yahya : l’égalité entre les associations membres de la FIFA.
Au Congrès de l’instance mondiale, chaque association dispose d’une voix, indépendamment de la puissance économique de son pays ou du palmarès de sa sélection. Pour le dirigeant mauritanien, ce principe constitue un acquis essentiel qu’il faut préserver.
Il met en garde contre un modèle dans lequel les nations les plus riches pourraient disposer d’une influence disproportionnée sur les décisions, au risque de renforcer les déséquilibres existants.
Cette position porte un enjeu majeur pour l’Afrique. Si les fédérations les plus puissantes économiquement venaient à peser davantage sur les orientations et la répartition des ressources, les pays disposant de moyens plus modestes pourraient voir leur capacité d’action encore réduite.
Ahmed Yahya défend donc un système dans lequel chaque association conserve sa place dans les décisions collectives et bénéficie de possibilités de développement. L’égalité institutionnelle et la solidarité financière deviennent, dans cette perspective, deux leviers complémentaires pour élargir la compétitivité du football mondial.
Des réformes, oui, mais à tous les niveaux
Le président de la FFRIM ne ferme pas la porte aux réformes de gouvernance. Il considère au contraire que toute évolution susceptible d’améliorer le fonctionnement des institutions doit être examinée.
Il insiste cependant sur la nécessité d’une approche globale : les réformes ne devraient pas concerner uniquement la FIFA, mais également les confédérations et les associations nationales.
Cette position soulève une question essentielle : comment renforcer la transparence, la démocratie et l’efficacité des institutions sans remettre en cause l’égalité de représentation des fédérations ?
À Zurich, le Conseil a convenu de mettre en place un groupe de travail chargé d’examiner le cadre de gouvernance de la FIFA, avec la participation de membres issus des différentes confédérations.
L’enjeu sera désormais de traduire les intentions en mesures concrètes, capables de renforcer la confiance dans les institutions et d’améliorer leur fonctionnement à tous les échelons du football.
Infantino, le choix de la continuité
Sur le leadership de Gianni Infantino, Ahmed Yahya ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Il considère que le président de la FIFA demeure la bonne personne pour poursuivre le travail engagé et conduire les prochaines étapes du développement du football mondial.
« Nous considérons Gianni comme la bonne personne pour continuer à diriger le football », affirme-t-il en substance.
Ce soutien intervient alors que les critiques sur la gestion du dossier FFE ont mis en lumière des divergences au sein du Conseil. Plusieurs responsables ont estimé que les explications fournies à Zurich ne répondaient pas suffisamment à leurs interrogations. La défense d’Infantino par Ahmed Yahya s’inscrit donc dans un débat réel sur la gouvernance et l’avenir de la FIFA, plutôt que dans un consensus entre ses dirigeants.
Pour le président de la FFRIM, le bilan doit également être apprécié à travers les évolutions intervenues dans le football mondial : élargissement de la Coupe du monde, augmentation des financements annoncés et volonté de permettre à davantage de fédérations de développer leurs activités.
Une vision qui engage aussi l’avenir du football africain
La prise de position d’Ahmed Yahya à Zurich dépasse ainsi la seule question du maintien de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Elle renvoie à un débat plus profond sur le modèle de développement du football mondial, la place des fédérations africaines et les moyens de réduire les écarts entre les nations.
Sa vision repose sur trois principes : préserver l’égalité des associations membres, accroître les investissements dans le développement et faire évoluer la gouvernance sans exclure les fédérations les moins puissantes.
Reste un défi majeur : veiller à ce que les financements annoncés se traduisent effectivement par des infrastructures de qualité, une meilleure formation, des compétitions plus solides et de nouvelles opportunités pour les jeunes.
Pour Ahmed Yahya, l’avenir du football mondial se joue aussi dans sa capacité à offrir aux pays africains les moyens de leurs ambitions. C’est dans cette perspective que son plaidoyer prend tout son sens : faire du développement du football une responsabilité collective et de l’égalité entre les associations un principe qui se vérifie, au-delà des discours, sur les terrains.
Mohamed Feily dit Antar
Le football mondial se trouve à un moment charnière. Entre débats sur la gouvernance de la FIFA, interrogations autour de ses mécanismes de financement et divergences sur le leadership de Gianni Infantino, l’avenir de l’institution fait l’objet de discussions nourries.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, le jeudi 15 octobre 2026, la 37ᵉ réunion du Conseil de la FIFA, au siège de l’instance à Zurich, en Suisse. Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et membre du Conseil, y a défendu une ligne claire : poursuivre le développement du football mondial en préservant l’égalité entre les associations membres et en donnant aux fédérations les moyens de progresser.
Au-delà de son soutien affiché à Gianni Infantino, le dirigeant mauritanien met ainsi en avant une vision qui place l’accès aux ressources, la démocratisation des opportunités et le développement du football africain au cœur des priorités.
Le développement du football au-delà des controverses
La réunion de Zurich intervenait après l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), une initiative qui envisageait de faire entrer des investisseurs privés au capital d’une structure commerciale liée aux activités de la FIFA. Annoncé en juillet, le projet avait suscité des critiques portant notamment sur la consultation des associations membres, la transparence et la gouvernance. Gianni Infantino a présenté ses excuses au Conseil pour les erreurs commises dans la communication et la conduite du processus, tout en confirmant l’abandon de l’initiative.
Ahmed Yahya retient avant tout la nécessité de dépasser les divergences pour rechercher des solutions constructives. À ses yeux, les débats institutionnels ne doivent pas faire perdre de vue l’objectif essentiel : faire progresser le football partout dans le monde.
Il estime que le Conseil doit désormais regarder vers l’avenir et examiner les moyens de poursuivre les investissements dans la discipline. Une position qui privilégie les résultats et les perspectives de développement, sans pour autant effacer les questions de gouvernance soulevées par le dossier FFE.
25 millions de dollars par association : une perspective majeure
L’un des points importants abordés à Zurich concerne une nouvelle proposition de financement du football mondial. La FIFA envisage de porter à 25 millions de dollars les fonds destinés à chaque association membre pour la période 2027-2030, dans le cadre d’un programme global d’investissement de 6,35 milliards de dollars.
Cette proposition, distincte du projet FFE abandonné, doit encore suivre les étapes institutionnelles prévues avant son approbation définitive.
Pour Ahmed Yahya, cette perspective illustre l’évolution des moyens mis à la disposition des fédérations depuis l’arrivée de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA en 2016. Il rappelle que les ressources évoquées sont passées d’un million de dollars à 25 millions par association et par cycle quadriennal, soit une multiplication par 25.
Il établit également un lien entre cette évolution et l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, une réforme initialement contestée, mais qui a ouvert davantage de possibilités de participation aux nations du monde entier.
Sa lecture est celle d’un football mondial dont la croissance doit profiter à un nombre toujours plus large de pays. Pour les fédérations aux ressources limitées, les financements internationaux peuvent représenter un levier déterminant pour moderniser les infrastructures, développer les compétitions nationales, former les encadreurs et investir dans le football des jeunes.
L’Afrique au cœur de sa vision
C’est sans doute sur la question du développement africain que le plaidoyer d’Ahmed Yahya prend toute sa dimension.
« Je viens du continent africain et je sais de quoi je parle », rappelle-t-il en défendant l’action de Gianni Infantino. Le président de la FFRIM insiste sur la portée concrète des financements consacrés au football : derrière les montants annoncés, il y a des terrains à aménager, des jeunes à former et des conditions de pratique à améliorer.
Son argument est simple : permettre à un enfant de jouer sur une pelouse adaptée plutôt que sur un terrain caillouteux constitue déjà un progrès tangible. Le développement du football ne se résume donc pas aux grandes compétitions, aux droits commerciaux ou aux résultats des sélections nationales. Il commence aussi dans les quartiers, les écoles de football et les infrastructures de proximité.
Cette approche revêt une importance particulière pour les fédérations africaines, confrontées à des besoins considérables en matière d’équipements, de formation et d’encadrement. Elle défend l’idée que les ressources générées par le football mondial doivent contribuer à réduire les écarts entre les nations et à élargir durablement la base des pratiquants.
Pour la Mauritanie, dont le football a encore besoin d’investissements structurants, cette question est loin d’être théorique. Elle renvoie directement à la capacité des fédérations à construire des projets durables, à améliorer la formation et à offrir de meilleures perspectives aux jeunes talents.
L’égalité des associations, un principe fondamental
Autre pilier du discours d’Ahmed Yahya : l’égalité entre les associations membres de la FIFA.
Au Congrès de l’instance mondiale, chaque association dispose d’une voix, indépendamment de la puissance économique de son pays ou du palmarès de sa sélection. Pour le dirigeant mauritanien, ce principe constitue un acquis essentiel qu’il faut préserver.
Il met en garde contre un modèle dans lequel les nations les plus riches pourraient disposer d’une influence disproportionnée sur les décisions, au risque de renforcer les déséquilibres existants.
Cette position porte un enjeu majeur pour l’Afrique. Si les fédérations les plus puissantes économiquement venaient à peser davantage sur les orientations et la répartition des ressources, les pays disposant de moyens plus modestes pourraient voir leur capacité d’action encore réduite.
Ahmed Yahya défend donc un système dans lequel chaque association conserve sa place dans les décisions collectives et bénéficie de possibilités de développement. L’égalité institutionnelle et la solidarité financière deviennent, dans cette perspective, deux leviers complémentaires pour élargir la compétitivité du football mondial.
Des réformes, oui, mais à tous les niveaux
Le président de la FFRIM ne ferme pas la porte aux réformes de gouvernance. Il considère au contraire que toute évolution susceptible d’améliorer le fonctionnement des institutions doit être examinée.
Il insiste cependant sur la nécessité d’une approche globale : les réformes ne devraient pas concerner uniquement la FIFA, mais également les confédérations et les associations nationales.
Cette position soulève une question essentielle : comment renforcer la transparence, la démocratie et l’efficacité des institutions sans remettre en cause l’égalité de représentation des fédérations ?
À Zurich, le Conseil a convenu de mettre en place un groupe de travail chargé d’examiner le cadre de gouvernance de la FIFA, avec la participation de membres issus des différentes confédérations.
L’enjeu sera désormais de traduire les intentions en mesures concrètes, capables de renforcer la confiance dans les institutions et d’améliorer leur fonctionnement à tous les échelons du football.
Infantino, le choix de la continuité
Sur le leadership de Gianni Infantino, Ahmed Yahya ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Il considère que le président de la FIFA demeure la bonne personne pour poursuivre le travail engagé et conduire les prochaines étapes du développement du football mondial.
« Nous considérons Gianni comme la bonne personne pour continuer à diriger le football », affirme-t-il en substance.
Ce soutien intervient alors que les critiques sur la gestion du dossier FFE ont mis en lumière des divergences au sein du Conseil. Plusieurs responsables ont estimé que les explications fournies à Zurich ne répondaient pas suffisamment à leurs interrogations. La défense d’Infantino par Ahmed Yahya s’inscrit donc dans un débat réel sur la gouvernance et l’avenir de la FIFA, plutôt que dans un consensus entre ses dirigeants.
Pour le président de la FFRIM, le bilan doit également être apprécié à travers les évolutions intervenues dans le football mondial : élargissement de la Coupe du monde, augmentation des financements annoncés et volonté de permettre à davantage de fédérations de développer leurs activités.
Une vision qui engage aussi l’avenir du football africain
La prise de position d’Ahmed Yahya à Zurich dépasse ainsi la seule question du maintien de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Elle renvoie à un débat plus profond sur le modèle de développement du football mondial, la place des fédérations africaines et les moyens de réduire les écarts entre les nations.
Sa vision repose sur trois principes : préserver l’égalité des associations membres, accroître les investissements dans le développement et faire évoluer la gouvernance sans exclure les fédérations les moins puissantes.
Reste un défi majeur : veiller à ce que les financements annoncés se traduisent effectivement par des infrastructures de qualité, une meilleure formation, des compétitions plus solides et de nouvelles opportunités pour les jeunes.
Pour Ahmed Yahya, l’avenir du football mondial se joue aussi dans sa capacité à offrir aux pays africains les moyens de leurs ambitions. C’est dans cette perspective que son plaidoyer prend tout son sens : faire du développement du football une responsabilité collective et de l’égalité entre les associations un principe qui se vérifie, au-delà des discours, sur les terrains.
Mohamed Feily dit Antar